Alex en Espagne, Globe-Trotters

Parfois la fin d’un voyage est le début d’un autre

Beaucoup a changé depuis que j’ai quitté la Casa Luz il y plus d’un mois. Certaines choses sont toutefois restées les mêmes : le volcan Eyjafjöll toussote encore et l’eau du golfe du Mexique continue d’être lentement substituée par du pétrole. Pour ma part, je travaille désormais au parc Alpi Marittime situé dans les alpes Italiennes. Entre le temps passé à la montagne et les tentatives d’intégration à la culture occitane, peu de temps m’a été laissé pour faire le point sur mon voyage de surf.

Dry andalucia

Dry Andalucia

Le surf dans la dernière semaine de mon séjour était petit et, quoi qu’amusant, il est très peu intéressant d’en faire état ici. Aussi, vous avez en main tout le protocole nécessaire pour répéter une telle expérience dans mes entrées précédentes. Comment alors conclure? J’ai pensé simplement vous présenter les faits saillants de mon voyage de surf sous la forme d’une liste. Après tout, j’ai une amie qui se plait souvent à répéter que les listes sont parfois l’unique façon pour un être humain d’avancer. En ce qui me concerne, j’aurais préféré ne pas me défaire de cet état de félicité cataleptique que m’a procuré ce voyage, mais la voici tout de même.

Paddle, pop-up, ride, exit

Paddle, pop-up, ride, exit

Conil de la Frontera

Conil de la Frontera

Mon séjour en Espagne c’est donc :

-37 jours sur une villa surplombant l’atlantique et au coeur d’un verger d’orangers

-37 nuits dans une casita dont la porte ne se ferme pas, à la merci des bruits et des créatures de la nuit

-1 océan

-Une quinzaine de jours de surf (dont 4 d’overhead)

-1 famille (très) anglaise

-1 rappeur canadien végétarien

-18 chats dont :

8 résidents (Frodo, Luna, Sheeba, Lady, Lucy, Jellaba, Perdi & Ithana)

4 visiteurs fréquents (Bilbo, Orlando, McCavity & The Pale Ginger Cat)

2 immigrants nouvellement établis (Minnie & Honey)

2 immigrants en attente d’un permis de résidence (Mr. Panda Face & The White Cat)

2 hoodlums (Percy & Percy’s brother)

-4 chiens (Lilly, Jimbo, Indie et Lucas)

-Une quarantaine d’oranges cueillies à même l’arbre

-Plus d’une cinquantaine de tasses de thé et d’infusions diverses (On est anglais ou on ne l’est pas)

-Des plats d’origine indonésienne, espagnole, anglaise, ou un mélange des 3

-2 rôtis du dimanche

-Plus de tapas qu’il n’y a de mots pour les décrire

-Des rouges écologiques

-Des blancs éclectiques

-Des churros avec beaucoup, beaucoup de chocolat

…Et beaucoup plus de choses que je n’énumérerai pas au risque d’être encore plus impertinent.

Ceci étant listé, j’aimerais remercier tous ceux qui m’ont lu ce printemps. J’espère avoir réussi à faire connaître à certains d’entre-vous une façon de voyager qui apporte tout compte fait beaucoup plus que la possibilité de pratiquer notre sport préféré. En terminant, je m’essaie avec une dernière tentative d’éveil de vos sens en vous offrant la recette revisité d’un grand classique de la cuisine espagnole, la Gazpacho. Ce plat froid que nous avons concocté dans les derniers jours est parfait à manger en entrée lors d’une chaude soirée d’été.

See you around,
ajn.

I have not thought of a caption for that one

The night we got lost in the pine forest

Gazpacho de concombre

Tiré de epicurious.com et revisité par Alex et Derek

Ingrédients

3 concombres (environ 2 livres, avec ou sans la peau)

3-4 patates douces (ignames), coupés en petits dés d’1/4 de pouce et bouillies

1 petit piment de Cayenne (Bird’s eye chile), épépiné et émincé

2 gousses d’ail, émincées

60 ml de jus de lime frais

200 ml de feuilles de coriandre tranchées

200 ml de yogourt nature ou de crème sure

5 ml de sel

1 ml de poivre ou au goût

Méthode

Épépiner les concombres et déposer les graines dans un blender.

Couper les concombres en cubes d’1/4 de pouce et combiner dans un bol de métal avec le piment, l’ail et le jus de lime.

Transférer la moitié du mélange ainsi que toutes les patates douces dans le blender.

Remettre la purée obtenue dans le bol avec le mélange initial, ajouter le reste des ingrédients et mélanger.

Servir froid!

Because it's a nice cutback

Because it's a nice cutback

The though guy

Jimbo, the though guy

About …

alexbw

Au beau milieu d’un pèlerinage d’un an sur le vieux continent, Alex se retrouve chez une famille anglaise possédant un verger d’orangers et une école de surf en Andalousie dans le sud de l’Espagne. Il nous fait part ici de ses découvertes à travers une lentille de caméra et un carnet de voyage qui traite de surf, de chats, de yoga et de l’art de vivre en général.

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Entrevue avec Laura Palmer et Ramon Giedemann de chez Trafalgar Surf Trip

Cette semaine j’ai pensé mettre de côté mon rôle de protagoniste principal dans ce rêve éveillé pour
vous faire connaître un peu mieux les propriétaires de Trafalgar Surf Trip, Laura et Ramon. C’est à table devant une gazpacho aux concombres, une lasagne aux courgettes et quelques bouteilles espagnoles que j’ai pu en savoir un peu plus sur la vie décidemment utopique que mène ce jeune couple de fabricants de rêve. Voici les faits saillants d’une entrevue qui fut réalisée en anglais quelques heures seulement avant que les tourtereaux s’évadent à bord de leur minivan pour une semaine de surf au Portugal. J’espère que certains d’entre-vous en seront inspirés!

Laura - hanging out in Fontanilla with Lilly, Jimbo, Lucas & Indie.

Laura - hanging out in Fontanilla with Lilly, Jimbo, Lucas & Indie.

Ramon handing out some (only slightly) deep fried fish

Ramon handing out some (only slightly) deep fried fish

Part 1. Introductory rantings

Laura Ramon
Place of birth Plymouth, England Locarno, Switzerland
Surfs since My first time up on a board was when I was 9 years old in Bali. I really started when I was 17 back in England. So I’ve been surfing for around 11 years. When I was 15 at Puerte Ventura, in the Canary Islands. I surfed half a year in Australia when I was 21. But I really started when I moved to Spain 3 years ago.
Board Fish Short board
Favorite surf spot In Spain: Caños de Mecca

International: Imsuame, Morocco

In Spain: Caños de Mecca

International: Carrapateira, Portugal

Favorite food Hummus Pumpkin and leek soup
Favorite drink English tea with honey Water
Favorite animal Elephant Toucan
Last good movie seen Offside (From Iran) Offside (From Iran)
Last good book read Da Vinci code by Dan Brown Medicus by Ruth Downie
Also likes Standing on my head, seeing my cats smacking my dogs on the face, using fresh garden vegetables to cook, spring in Spain, cuddles with Ramon (awww)… Ramon, plum jam, rock climbing, permaculture, fishing, the pigeon yoga position, siestas…
Not too keen on Putting on the duvet cover over the duvet, fast food, when Ramon farts,  Le Vente, doing the dishes, flavored yogurt Le Vente, Nestle, damaging nature, anchovies, money

Part 2. The real deal

Q. What is Trafalgar Surf Trip?

L. It’s a surf and yoga holiday business.

R. It’s the best surf school in the south of Spain.

Q. Where have you guys met?

L. At the same table that we’re doing the interview right now. Ramon was a woofer here at my mom’s farm. We’ve hung out together as friends for 6 months before actually going out. A lot of people thought we were brothers and sisters at that point. Now we’ve been together for almost two years.

R. When I was younger I travelled for 5 years in a row. When I finally came back to Switzerland I didn’t really feel comfortable at home anymore. So I decided to woof a bit in the south of Spain to see how things would go. It’s when you’re not looking for anything in particular that you find the best things.

Q. At what point were you enlightened with the idea of such a business?

L. When I came back from a year of traveling in Australia 4 years ago I started running the school with a friend who had actually started it until he decided to quit. I was then on my own for a year or two before Ramon came along. It wasn’t until last summer that we were both fully dedicated to running the surf school and that’s when we also decided to combine it with my parent’s bed and breakfast to turn it into a surf holiday.

Q. What do you like the most about your job?

L. Being in the water, being able to show people the area, hanging out with people and having a good time and transferring my passion for the sport.

R. Seeing how excited people get when they catch their first wave and working with the  natural elements.

Ramon immersing soon-to-be surfers in their new lifestyle

Ramon immersing soon-to-be surfers in their new lifestyle

Q. How would you describe the surfing community here on the Atlantic coast of Andalucía?

L. I think it has exploded in the last ten years. Surfers are not aggressive compared to other places where people go as far as hitting each other in the water (Australia). You feel comfortable in the water; the others never really make you feel like an outsider. The scene is really chilled out and the level is good.

R. Playa Fontanilla is a spot that has just recently been discovered. Every year you see new schools and new surf shops springing up. As in every other surf spots in the world, you’ll be fine if you follow the rules.

Q. When is the best time to surf here and what are the average surf conditions?

L. Autumn is nice. In October the first big swells are coming and the water is still quite warm. The biggest swells come in the winter but the water is rather cold. Spring is good too but less consistent. And the summer is good for kids and beginners because of the smaller swells.

Laura surfing the local spot, Playa Fontanilla

Laura surfing the local spot, Playa Fontanilla

Q. What are you guys up to during low season?

L. Rock climbing, surfing for ourselves. Last winter I travelled to Costa Rica to get my yoga instructor certification. We also teach a kids group once a week all year long. Generally a bit more play and a bit less work.

R. Travelling, roadtrips, surfing in Portugal, taking care of the garden and the yard. This type of business is really seasonal. You work intensively for 3 months and nothing much happens for the rest of the year.

Laura - here pictured in Costa Rica

Laura - here pictured in Costa Rica

Laura - Still kicking it in Costa Rica

Laura - Still kicking it in Costa Rica

Q. For the benefit of the reader, can you recall an unforgettable event, either good or bad, that happened in the course of your work?

R. We taught how to surf to an English girl that came for a week of surf holiday. In the middle of the week we were having dinner and after a couple glasses of wine she admitted she didn’t know how to swim. We had been in the water with her for already a few days!

Q. Where do you guys see yourselves in 5 years?

L. It’s the big question at the moment isn’t it? Well… continue down the surfing school track for sure.

R. We would like our business to turn more into an eco-business with of course a lot of surf and yoga but also organic food, natural accommodations with green roofs, a natural pool. We would also like to offer all kinds of other outdoors activities like hiking and rock climbing.

ajn.

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Lien vers leur site web officiel:
Trafalgar Surf Trip

Conditions de surf actuelles à la Playa Fontanilla:
Conil Surf Report

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alexbw

Au beau milieu d’un pèlerinage d’un an sur le vieux continent, Alex se retrouve chez une famille anglaise possédant un verger d’orangers et une école de surf en Andalousie dans le sud de l’Espagne. Il nous fait part ici de ses découvertes à travers une lentille de caméra et un carnet de voyage qui traite de surf, de chats, de yoga et de l’art de vivre en général.

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Tapas honte de te promener toute nue!*

Le seafront de Conil de la Frontera

Le seafront de Conil de la Frontera

À la croisée des chemins entre un swell meurtrier et un swell gentil, l’Andalousie expose toutes ses façades à mon regard inquisiteur, des plus raffinées au plus crues. Surf, tapas, Cruzcampo en fût, vino tinto écologique à 3 euros, brandy et seins bronzés. Tous les éléments se sont réunis en Espagne pour stimuler un voyageur qui n’a pas fini de se laisser porter par ses sens.

*J’endosse l’entière responsabilité de l’ennui qui peut être suscité chez le lecteur par la lecture du jeu de mots contenu dans le titre ci-haut.

Fontanilla goats framed

La Playa Fontanilla abrite quelques animaux

La dernière fois que j’ai vu des vagues aussi monstrueuses, j’étais à Tofino sur l’île de Vancouver pendant un mois de février. Pis encore. Le swell qui est venu frapper les côtes de la Costa de la Luz la semaine dernière était dévastateur. À un intervalle d’au plus 6 secondes, des vagues atteignant aisément 10 pieds s’effondraient lourdement sur la plage de Conil. En bref, un break complètement désordonné laissant voir du champagne partout et sans avertissement. Nous trouvant avec un touriste anglais ne pouvant plus retourner en Angleterre à cause du volcan islandais et qui voulait absolument se mouiller, nous nous sommes quand même rendus à la plage à quelques reprises avec le mince espoir de répéter à contre-sens l’exploit de Normandie de 1944. Nous avons décidément fait preuve d’un optimisme chimérique. Même l’artillerie lourde, les « duck dive » et les « eskimo roll », avaient l’effet de tirs à blanc sur les murs d’eau olympiens qui se repliaient en tubant sur eux-mêmes au large.

Cette semaine-là, notre incapacité quotidienne et chronique à franchir le break se devait d’être noyée dans la nourriture et la boisson espagnoles. Ces derniers jours, Laura, qui gère l’école de surf, aime bien avoir des woofers à ses côtés pour l’aider à divertir les touristes dont elle s’occupe. Ramon, son copain et co-gestionnaire de l’école, est en visite dans sa Suisse natale depuis deux semaines et notre présence aide à animer les conversations lors des sorties dans les bars à Tapas. Et des bars à tapas, il y en a une pelleté. Nous en visitons habituellement quelques-uns par soir et c’est tout juste si on ne franchit pas aléatoirement une porte donnant sur les étroites rues de Conil pour déterminer quel sera notre prochain arrêt.

Quelques tapas

Quelques tapas

Un peu de Cardenal Mendoza pour la forme

Un peu de Cardenal Mendoza pour la forme

Le swell meurtrier ayant déployé ses derniers effectifs sur la playa Fontanilla, nous profitons de l’accalmie avant le prochain swell pour aller visiter les villages voisins. À Chiclana, un bref arrêt au marché de poisson empli nos sacs de steaks de thon et de filets d’espadon et de requin. Plus tard dans la même journée nous mettons les pieds à Cadiz, vibrante ville portuaire fortifiée et réputée être, selon des standards que j’ignore, la ville la plus ancienne d’Europe. Plus difficile à digérer que la casserole de paella que nous avons mangée ce midi-là était la taille des bikinis des espagnoles à la plage municipale. Apparemment, la coutume espagnole tend à proscrire les démarcations de bronzage. Ce serait une fausse généralisation que de dire qu’en Amérique on doive travailler pour obtenir la vue d’une poitrine, mais je suis d’avis que fournir un certain effort rend l’expérience plus agréable.

L'ancienne ville fortifiee de Cadiz

L'ancienne ville fortifiée de Cadiz

De retour à Conil, le nouveau swell, supposément gentil celui-là, frappe la côte depuis peu. En descendant vers la plage nous apercevons du pare-brise de l’automobile des bouées oranges qui s’étendent jusqu’à l’horizon, aussi loin que l’œil humain soit capable de les distinguer. La pêche au thon est ouverte et les pêcheurs ont profité de la quiétude momentanée de l’océan pour installer les filets allant servir à capturer celui-ci lors de sa migration vers la Méditerranée. Plusieurs surfeurs barbotent déjà dans l’océan à notre arrivée à la plage, signe indubitable que les conditions sont bonnes. J’en profite pour prendre quelques minutes pour photographier les talents locaux. Une fois dans l’eau, j’ai encore énormément de difficulté à franchir le break. À ce moment précis, la Nouvelle-Angleterre et son océan prévisible et bien léché en été me manquent vraiment. Au fil de la session, l’océan se veut un peu plus clément. Je réussis à sortir. La ride de retour suscite chez moi une euphorie auparavant inégalée en pratiquant ce sport. La vague qui m’a portée au rivage ne faisait que 6-7 pieds, mais il s’agissait de la plus grosse vague que j’avais à ce jour ridée. Et dont je me souviendrai probablement dans le futur comme celle ayant confirmée mon amour du sport.

Bottom turn que j'aimerais être entrain d'effectuer

Bottom turn que j'aimerais être entrain d'effectuer

Cutback dont j'aurais aussi aimé être l'auteur

Cutback dont j'aurais aussi aimé être l'auteur

Le lendemain, les vagues sont réduites à 3-4 pieds et brisent avec une propreté dont je n’avais jamais encore été témoin en Espagne. Laura, comme à chaque samedi, donne des cours à quelques jeunes qui habitent dans le coin. Rex, un anglais de 10 ans, est l’un d’eux. Il paddle sans arrêt et ride tout ce qu’il peut, l’énergie qu’il dégage est incroyable: des cris et des Peace émergent de son coin de l’océan à chaque fois que quelqu’un attrape une vague. Sous un ciel parfaitement bleu et dans un océan turquoise, le vibe est juste incroyable. Cette journée-là j’allais enfin récolter le fruit et dissiper la frustration des efforts fournis en vain la semaine d’avant.

Ici on fait de la marmelade.

Ici on fait de la marmelade. Ça brasse.

ajn.

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Surfer en Europe sans se ruiner

Playa Fontanilla, Conil de la Frontera

Playa Fontanilla, Conil de la Frontera

Tente d'apprivoiser Jimbo avant d'apprivoiser les vagues

Warm up

Ici on me considère comme un woofer. WWOOF, World Wide Opportunities On Organic Farms, est une organisation qui permet aux exploitants de fermes organiques et aux gens intéressés à vivre une expérience combinant voyage et travail de se rencontrer.

La ''snail run'' du matin

La ''snail run'' du matin

C’est l’automne dernier, alors à Gothenburg pour des études et frappé par la lourdeur des sombres et courtes journées scandinaves, que le rêve d’un voyage de surf dans un pays chaud et ensoleillé allait commencer à prendre forme. Je me suis abonné à WWOOF España dans l’espoir de trouver une ferme située non loin de l’Atlantique et de ses swells tant convoitées. J’ai cherché parmi les offres d’emploi celles situées près des villes espagnoles Gijón et Santander (Costa Verde) ainsi que Cádiz (Costa de la Luz). À peine 4 mois plus tard je me retrouve sur une ferme de la Costa de la Luz, tout juste à l’extérieur de Conil de la Frontera.

La collation quotidienne à portée de main

La collation quotidienne à portée de main

Et sur quelle « ferme » je suis tombé! L’exploitation est la propriété d’un couple anglais, Jackie et Richard, et comprend une villa entourée d’un verger d’orangers et de plusieurs autres arbres fruitiers (Citronniers, figuiers, avocatiers, loquats, bananiers, abricotiers…). Deux jardins écologiques sont maintenus en production toute l’année durant par des gens comme moi.

Jellaba se questionnant sur les conséquences de s'attaquer à un hérisson

Jellaba se questionnant sur les conséquences de s'attaquer à un hérisson

La villa, qui sert habituellement de bed & breakfast, semble aussi avoir une bonne réputation auprès des chats du voisinage. Dépendamment des jours, entre 9 et 15 félins parcourent les quelques acres de la propriété. Peu importe où l’on se trouve on a toujours un chat à portée de main.

La Caza Luz : un refuge pour chats. Ici : Lady.

La Casa Luz : un refuge pour chats. Ici : Lady.

En échange de quelques heures de travail par jour (5-6), nos hôtes nous fournissent abri et nourriture. Des plats que concocte Jackie émanent toujours des arômes des quatre coins du globe et plus souvent qu’autrement d’Indonésie, où elle a suivit des leçons de cuisine. La plupart des fruits et légumes que l’on mange proviennent du jardin et le lait et les œufs frais ont seulement parcourus la distance qui nous sépare du voisin avant de se rendre à notre assiette.

Caza Luz pool framed

Surf casita

Surf casita

Laura, leur fille cadette, possède une école de surf avec son copain Ramon qui s’appelle Trafalgar Surf Trip. Elle donne aussi des cours de yoga deux fois par semaine. Ensemble, ils s’occupent, pour l’espace d’un bref instant, de faire connaître aux touristes de passage au bed & breakfast le lifestyle délibérément zen et laid-back des surfeurs. Deux douzaines de boards et un rack complet de wetsuits sont en tout temps disponibles quand les conditions nous forcent à allez se mouiller.

L’Amérique centrale et l’Indonésie sont des destinations prisées par les québécois à cause des conditions de surf incroyables et du faible coût de la vie. Avec une organisation comme WWOOF, l’Europe devient un peu plus accessible pour les voyageurs au budget plus limité. C’est aussi une façon hors-pair de rencontrer des gens, d’apprendre la langue locale et de se familiariser avec une panoplie de tâches manuelles, tâches dont notre génération branchée semble s’être déconnectée.

ajn

Pour plus d’information

WWOOF Espana

Casa Luz B&B

Trafalgar Surf Trip

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Première session de surf à la Playa Roche

Le mercredi 7 avril 2010

17:00 (GMT+01:00)

Playa Roche, El Colorado, Conil de la Frontera

Playa Roche, El Colorado, Conil de la Frontera

Laura et son copain Ramon, les propriétaires de Trafalgar, l’école de surf de locale, viennent me chercher dans la casita où je relaxe après ma première journée de travail. Le surf est coté une (1) étoile ce soir et ceux-ci m’offrent de les joindre pour une session de fin de journée. Je n’espérais pas me tremper les pieds dans l’Atlantique si rapidement. Nous chargeons les surfs sur la fourgonnette Renault, agrippons quelques wetsuits au passage et nous dirigeons vers la plage principale qui borde le centre-ville de Conil de la Frontera. Chris, un journaliste/playwriter anglais en visite et qui loue une chambre à l’appartement de la Caza Luz1 se joint à nous avec son boogy board et ses palmes pour un peu de body surfing.

Après avoir scruté brièvement la plage de Conil, Ramon, pour qui le swell ne frappe définitivement pas assez fort, nous conduit vers une autre plage plus au nord. Deux spots plus tard, nous traversons une dense, aromatique et probablement enchantée forêt de pins  pour atteindre la Playa Roche. La plage est surplombée par d’abruptes falaises orangées et tapissés de composées aux couleurs pourprées. L’eau n’étant pas trop froide, environ 17 degrés en ce début avril, nous enfilons des 3-2 et nous nous y jetons sans attendre.

C’est la première fois que je suis dans l’eau depuis le mois d’août dernier, et la première fois que l’océan Atlantique se trouve à l’ouest quand je surf. Mon état psychologique se situe quelque part entre euphorique et cliniquement fou. Crazazy. Mes yeux tentent non sans difficulté de repérer les rares vagues dignes d’être attrapées qui sont rendues dorées par un soleil qui essaie de voler le spectacle. Mes muscles faciaux sont même endoloris suite à l’effort continu qu’ils doivent fournir pour plisser mes yeux qui observent ardemment l’horizon bleuté. Les vagues une fois dressées atteignent à peine 3 pieds mais rien au monde ne peut remplacer le feeling de se tenir debout sur un surf. Le fond est  plutôt rocheux à marée basse et le swell qui arrive du nord-ouest nous fait dériver vers le sud à une vitesse spectaculaire. La vue reste néanmoins saisissante : à l’horizon une ancienne tour de garde culmine fièrement au sommet d’une falaise au vert chatoyant et se perd dans le ciel parfaitement bleu d’Espagne.

La session qui a duré presque deux heures nous a laissé sur notre faim, mais nous a aussi laissé ce sentiment de bien-être que procurent de façon synergétique la combinaison soleil et eau salée. Sur le chemin du retour, je rêve à la prochaine session et surtout à ce que Jackie, notre hôte et propriétaire de la Caza Luz, nous a cette fois-ci concocté comme festin pour souper.

ajn.

1. La Caza Luz est le nom du verger/bed&breakfast où je réside. Les propriétaires possèdent aussi un appartement au centre-ville de Conil destiné à accommoder une clientèle plus jeune et axée sur le surf. Je traiterai de ce sujet plus en détail dans les chroniques à venir.

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